

Voici quelques questions fréquentes basées sur les demandes qu'on reçoit. Vous y trouverez plus d'information sur les traitements. Il ne constitue en aucun cas un texte médical révisé par un professionnel de la santé.
- Quels sont les traitements proposés pour guérir de les mvv?
- Certaines filles disent avoir des rougeurs au vestibule, alors que pour ma part, je n'en ai pas. Pourtant, j'ai mal ! Est-ce normal?
- Qu'est-ce que l'huile d'émeu?
- Où puis-je me procurer l'huile d'émeu?
- Qu'est-ce que la crème Prémarine?
- En quoi consiste la physiothérapie (Biofeedback, rétroaction biologie ou rééducation périnéale) dans le traitement des mvv?
- La physiothérapie peut-elle m'être bénéfique même si je ne fais pas de vaginisme?
- Je n'ai pas les moyens de me payer des séances chez un physiothérapeute, quels exercices puis-je faire à la maison?
- J'éprouve des douleurs à la vulve pendant la journée, sans raison particulière. Qu'est-ce que c'est?
- En quoi consiste l'opération / la vestibulectomie?

Quels sont les traitements proposés pour guérir les mvv?
La diversité des traitements proposés démontre bien qu'il n'existe aucun véritable remède et qu'il reste encore beaucoup de recherche à faire. De plus, chaque mvv requiert un suivi particulier et des traitements spécifiques. On peut néanmoins améliorer sa condition, voir guérir, en suivant un ou plusieurs des traitements proposés. Les médecins conseillent souvent d'en combiner plusieurs afin d'augmenter les chances de guérison. Le degré de réussite de ces traitements varie d'une femme à l'autre.
Il est important de suivre le traitement que le médecin recommande et de ne pas commencer soi-même un traitement sans avoir consulté.
- L'application de crème aux estrogènes (type Prémarine)
- La physiothérapie (biofeedback)
- Le régime Low-Oxalate combiné avec la prise de comprimés de citrate de calcium (environ 500 mg de une à trois fois par jour, aux repas)
- Des injections de corticoïdes (Xylocaïne, interferon)
- La prise d'antidépresseurs tricycliques (tel ÉLAVIL) utilisés parce qu'ils désensibilisent les nerfs ou d'anticonvulsants (tel NEUROTONIN)
- Des médicaments naturels tels que la Vitamine E ou l'huile d'émeu
- La vestibulectomie (opération chirurgicale)

Certaines filles disent avoir des rougeurs au vestibule, alors que pour ma part, je n'en ai pas. Pourtant, j'ai mal ! Est-ce normal?
Oui. Contrairement aux idées reçues, la présence ou l'absence de rougeurs n'est pas forcément un indicateur de vestibulodynie provoquée (vestibulite) ou autre mvv. On peut avoir extrêmement mal et ne pas avoir de rougeurs du tout.

Qu'est-ce que l'huile d'émeu?
L'huile d'émeu est un remède ancestral utilisé par les aborigènes d'Australie pour ses propriétés anti-inflammatoires, hydratantes et régénératrices. Elle est obtenue à partir de l'émeu, un oiseau cousin de l'autruche. Dans le traitement des mvv, elle est utilisée en application externe pour accélérer la cicatrisation et calmer l'irritation du vestibule. Elle peut aussi être utilisée quotidiennement pour régénérer et assouplir la peau, ainsi que pour calmer les inconforts vulvaires. Elle est idéale pour les peaux extrêmement sensibles.
Aucune recherche n'a été réalisée par rapport à l'efficacité de l'utilisation de l'huile d'émeu dans le traitement des mvv ni sur ses effets secondaires.

Où puis-je me procurer l'huile d'émeu?
Au Québec, l'huile d'émeu est disponible dans les magasins de produits naturels tels Le Naturiste, Jean-Marc Brunet ou Aliments Santé Laurier et dans les pharmacies. Malheureusement, elle ne semble pas encore distribuée en France.

Qu'est-ce que la crème Prémarine?
C'est une crème aux œstrogènes conjugués vendue sur ordonnance. Les œstrogènes conjugués se composent d'œstrogènes naturels, semblables à ceux que l'on trouve dans l'urine des juments en gestation. Elle est normalement destinée aux femmes en ménopause pour soulager la douleur ou la sécheresse du vagin ou de la vulve, mais elle est également utilisée dans le traitement de la vestibulodynie provoquée (vestibulite) : en effet, les œstrogènes ont le pouvoir de renforcer la peau et d'activer la circulation sanguine. Il existe d'autres équivalents comme TROPHICRÈME en France. Il y a aussi COLPOTROPHINE qui est plus faiblement dosée et qui n'occasionne pas les effets secondaires (démangeaisons) des deux crèmes précédentes. Il est tout de même à noter que ces démangeaisons partent normalement au bout d'environ 4 semaines d'utilisation. Pour réellement juger de l'efficacité de ces crèmes, il faut les essayer pendant au moins 6 mois.

En quoi consiste la physiothérapie (Biofeedback, rétroaction biologie ou rééducation périnéale) dans le traitement des mvv?
Selon certains docteurs, les douleurs occasionnées par les mvv résulteraient d'une tension chronique des muscles pelviens. Pour remédier à cela, il y a deux techniques. On peut forcer les muscles à se contracter fortement afin de les «fatiguer» pour qu'il puissent se relaxer naturellement. Le but n'est pas de muscler le périnée (comme avec les exercices de Kegel, pour celles qui connaissent), mais de l'habituer à se relaxer. Pour ce faire, on utilise une sonde placée à l'intérieur du vagin qui a le double rôle de capter la tension musculaire (pour vérifier si on contracte et relâche bien) et d'envoyer de faibles chocs électriques indolores pour pousser le périnée à se contracter.
La deuxième technique consiste en des massages et des étirements pratiqués par la physiothérapeute pour détendre le muscle et l'habituer à être relaxé. Il est à noter que, selon la physiothérapeute, une technique ou l'autre va prédominer, mais on utilisera toujours un peu des deux techniques.
Les physiothérapeutes spécialistes de la rééducation périnéale sont habituellement très sensibilisés à la maladie et le mot d'ordre est : lentement et sûrement; on ne travaille pas dans la douleur.
On suggère souvent de pratiquer des exercices de contractions-décontractions et d'étirements soi-même à la maison. Ces exercices prennent environ de 20 à 30 minutes par jour. Cela peut sembler beaucoup, mais c'est sans compter les résultats que l'on peut en retirer.
La physiothérapie a déjà guéri totalement certaines patientes. Dans d'autres cas, la tâche est plus ardue, mais il y a souvent des améliorations notables. C'est le traitement le plus recommandé avant et après l'opération, car en plus de ne provoquer aucun effet secondaire ni traumatisme, il peut être d'une très grande efficacité. Sans compter le fait que, grâce à la physiothérapie, la patiente est en mesure de cerner exactement où est localisée sa douleur. Elle apprend aussi à en reconnaître les différents types.
La rééducation périnéale n'est pas remboursée par l'assurance-maladie du Québec. Les traitements sont assez dispendieux, de 65$ à 85$ la séance environ, sachant qu'il faudra souvent au minimum 10 séances. En France, où la physio est remboursée en partie par la Sécurité Sociale et l'autre partie peut être remboursée par votre mutuelle, si vous en avez une.

La physiothérapie peut-elle m'être bénéfique même si je ne fais pas de vaginisme?
Tout à fait. En réduisant la tension musculaire du périnée et en détendant les nerfs de cette région, la rééducation périnéale peut guérir ou améliorer une vestibulodynie provoquée (vestibulite).

Je n'ai pas les moyens de me payer des séances chez un physiothérapeute, quels exercices puis-je faire à la maison?
Avant tout, garder en tête que l'objectif final est de relaxer les muscles, pas de les rendre plus toniques ! La contraction est une chose, mais il faut surtout se concentrer sur le relâchement qui suit. Toujours bien inspirer et expirer pour être détendue. Ne pas contracter d'autres muscles en même temps. Une séance chez un physiothérapeute qualifié reste toujours l'idéal pour savoir exactement quels exercices sont adaptés à votre situation.
- Étirements : On peut faire des exercices d'étirements avec les doigts. Il est suggéré de commencer avec un doigt seulement et d'aller éventuellement jusqu'à trois doigts. On insère les doigts à l'intérieur du vagin et l'on étire tranquillement tout le U du vestibule. On dose la force des étirements en fonction de nos capacités. Surtout, si ça fait trop mal, il faut arrêter. Le but n'est pas ici de souffrir davantage. On peut aussi se procurer un petit godemichet / dildo / vibromasseur avec lequel on pratique le même type d'étirements.
- Contractions-décontractions : Voici un truc pour bien déterminer quel muscle contracter. En urinant, on arrête soudainement (on se «retient») et l'on tente de bien saisir quel muscle est sollicité. Essayez le plus possible de seulement contracter CE muscle : pas le ventre, ni les fesses, ni les cuisses (c'est loin d'être évident). Il est possible de contracter avec quelque chose à l'intérieur du vagin (un doigt, un godemichet, un vibromasseur ou même le pénis de monsieur !). Encore là, on fait en fonction de nos capacités et surtout: pas de douleur.
Lorsque l'on contracte, il faut que l'objet ou doigt qui se trouve à l'intérieur du vagin soit «aspiré», qu'il rentre un peu plus profondément dans le vagin. Si l'objet est légèrement expulsé du vagin à chaque contraction, c'est qu'on utilise le mauvais muscle ! Au début, il est recommandé de faire ce test avec un doigt, même si l'on a choisi de pratiquer les contractions sans objet à l'intérieur du vagin, afin d'être sûre que l'on sollicite le bon muscle.
Au commencement, les exercices demandent beaucoup de concentration. Il serait préférable de ne pas écouter la télévision ou de faire autre chose en même temps. Le soir avant de se coucher ou encore le matin au réveil sont deux moments propices aux exercices pelviens. Plus tard, il sera même possible de les faire incognito pendant un trajet d'autobus...
Il existe 3 types d'exercices de contractions:- Une contraction maximale (où l'on contracte le plus possible) et soutenue durant 5 secondes, puis un relâchement total. On peut répéter cet exercice une dizaine de fois au début et augmenter par la suite.
- Une contraction moyenne (où l'on contracte juste un peu) et soutenue durant 30 secondes, puis un relâchement total. Après, on augmente progressivement la durée de la contraction (en relâchant toujours totalement après), selon notre propre rythme, à 45 secondes, 60 secondes, 90 secondes, 120 secondes… Ne serrez ni le ventre, ni les fesses, ni les cuisses, c'est très important. On peut faire cet exercice qu'une fois ou deux seulement, parce que c'est très fatigant.
- Des contractions très rapides répétées une dizaine de fois. Contraction très forte / relâchement total / contraction très forte / relâchement total, etc. On fait une séquence de 10-15 contractions / décontractions. On pratique environ de 3 à 7 séquences. C'est également très épuisant.
Pour finir, juste au cas où vous l'auriez oublié: concentrez-vous sur le relâchement!
- Massages : En s'aidant d'un miroir, on masse doucement la région du vestibule. On peut utiliser de l'huile d'amande douce, de l'huile pour bébé, de l'huile d'émeu ou un peu de lubrifiant. On fait des petits ronds avec un doigt en appuyant de plus en plus fort au fur et à mesure que la douleur diminue. Cela a pour effet «d'endormir» le muscle.

J'éprouve des douleurs à la vulve pendant la journée, sans raison particulière. Qu'est-ce que c'est?
La vulvodynie, qui signifie «douleur à la vulve», est une douleur pouvant être ressentie occasionnellement ou en permanence et pas nécessairement lors de la pénétration. Cela peut arriver en marchant en étant assise, par exemple. C'est souvent décrit comme étant une brûlure, une irritation, un échauffement ou un inconfort. Certaines filles disent ressentir des aiguilles ou une lame dans la région de la vulve, surtout lorsqu'elles bougent. La peau de la vulve est d'apparence normale et il n'y a pas d'anomalie détectable. Chez certaines femmes, il semble exister un lien entre l'intensité des douleurs et le cycle menstruel.

En quoi consiste l'opération / la vestibulectomie?
Après avoir essayé plusieurs traitements infructueux, la vestibulectomie (aussi appelée vestibuloplastie) est parfois suggérée. Elle guérirait la vestibulodynie provoquée (vestibulite) dans 75% des cas selon les études. Certaines femmes constatent une amélioration, d'autres découvrent une aggravation de leurs symptômes et d'autres ne perçoivent aucun changement. Les études faites à ce sujet sont encore rares et les statistiques, plus ou moins fiables.
La vestibulectomie consiste à enlever la partie douloureuse du vestibule et à étirer la peau du vagin (qui est moins sensible) pour refermer la plaie. C'est une chirurgie exécutée en une quinzaine de minutes, mais elle nécessite toutefois une anesthésie générale. La convalescence prend d'une à trois semaines en moyenne. Pour certaines filles, la guérison est longue et difficile, pour d'autres, elle se fait dans un laps de temps relativement court. Il faut attendre une période allant de quelques semaines à un an avant de tester le succès de l'opération. Une femme qui fait du vaginisme suite au traumatisme de l'opération aura peut-être recours aux exercices de physiothérapie. Si l'opération ne fonctionne pas le premier coup, on peut poursuivre d'autres traitements ou réessayer éventuellement.
Il y aurait une relation entre la présence de fissures sur le vestibule et le succès de l'opération, mais cette relation n'a pas encore été démontrée. Comme nous l'avons dit plus haut, il reste énormément de recherches à faire concernant la vestibulodynie provoquée (vestibulite)!
Il existe aussi une chirurgie au laser qui n'est absolument pas recommandée. Pour plusieurs femmes, les symptômes s'aggravent après cette chirurgie.
Toujours garder en tête que, même lorsqu'elle a l'effet escompté, la vestibulectomie n'est pas non plus une solution miracle. Il demeure toujours la possibilité que la vestibulodynie provoquée (vestibulite)/fissure revienne un jour. Il faut faire très attention à ce qui aurait pu être la cause de notre vestibulodynie provoquée (vestibulite) selon nous (pilule, vaginites, etc.). Cela vaut aussi pour toutes celles qui ont guéri par d'autres moyens. On attend toujours une véritable cure à cette maladie. Malheureusement, la tendance actuelle des médecins est de prescrire l'opération à toutes leurs patientes «récalcitrantes», sans trop chercher à voir plus loin et à effectuer de véritable de recherches.